Le Château des
Evêques
(14ème-18ème
siècles)

Les
Origines
Tel qu’il se présente actuellement, le
Château des Evêques est l’œuvre de plusieurs
siècles. Avant l'actuel Château des Evêques aurait
existé un édifice plus ancien, un château primitif,
le “Château-Vieux”, mentionné comme terroir en 1454 et
situé aux Côtes de Bilhard, au confluent des ruisseaux de
Saint-Marcellin et de Piat. La première mention qu’on ait du
“château” (sans qualificatif), se trouve dans une bulle de
confirmation des possessions de l’évêché du Puy,
accordée par le pape Alexandre III en 1165. Il y est
écrit : burgum et castrum de Monistrol. Dans
une autre bulle, celle du pape Clément IV en 1267, il est
confirmé que « le bourg et le château de Monistrol
» sont compris dans la mouvance de l’évêque du Puy.
C’est en 1270 que Guigon, seigneur de Saint-Didier,
seigneur de Monistrol et de son “mandement” (sa seigneurie
justicière), vend le château (vieux) à
l’évêque du Puy Guillaume de la Roue, moyennant la somme
de 1.360 livres, afin de pouvoir équiper sa troupe en partance
pour la Croisade de Saint-Louis : la vente comprend les
appartenances dudit château, avec tous les droits et revenus qui
en dépendent, juridiction, patronages, chemins publics et
privés, péages, usages, moulins, fiefs, lods, terres,
prés, jardins, vergers, etc. Deux ans plus tard, Guigon donne
quittance à l’évêque du Puy, pour la
totalité de la somme (document ci-dessous, Archives
Départementales).
L’évêque Guillaume de la Roue
(1260-1282), ancien moine de la Chaise-Dieu où il fut
inhumé, était un homme à poigne : il eut de vifs
démêlés avec les Polignac, ainsi qu’avec sa
cité épiscopale dont il supprima en 1277 le consulat,
à la suite d’insurrections. Est-ce lui qui, nouveau seigneur de
Monistrol, voulut bâtir un château plus important et plus
habitable ? C’est vraisemblable : le château neuf sera
édifié plus près du bourg, sur le point culminant
de l’éperon de Monistrol, sur un site moins naturellement
défendu. C’est en tout cas ce château neuf que les
évêques qui se succédèrent
fortifièrent, agrandirent et embellirent au cours des
siècles.
La résidence épiscopale
Et de fait, à partir du moment où ils
en devinrent propriétaires, les évêques du Puy
marquèrent une prédilection pour leur château de
Monistrol : le 8 août 1309, à l’occasion de la fondation
de la Collégiale de Saint-Marcellin par Jean de Castanet,
fondation instituant un chapitre de 13 chanoines, le château est
désigné sous le terme d’oppidum,
c’est-à-dire place-forte, et Monistrol est dite seconde ville du
diocèse. Un peu plus tard, l’évêque Jean de
Chandorat meurt au château de Monistrol, le 15 septembre 1356.
L”un de ses immédiats successeurs, Pierre VIII d’Ailly
(1395-1397), surnommé le “marteau des hérétiques”,
entreprend au château d’importantes réparations au cours
de ses séjours prolongés.
A cette époque, l’entrée principale du
château était vraisemblablement à l’opposé
de l’actuelle, sur la façade sud-ouest, le long du chemin de
l’Ermitage. On y voit toujours la voûte de ce qui devait
être la poterne d’entrée, à côté de la
petite tour “du Buisson”.
Jean de Bourbon
Mais
c’est à Jean de Bourbon (1443-1485) que revient le mérite
d’avoir transformé le château. Fils naturel reconnu de
Jean Ier, duc de Bourbon, il obtint le pallium des
mains du pape
Eugène IV qui le fit évêque en lui accordant la
dispense sur le défaut de sa naissance, compte tenu de ses
grandes vertus.
Les armes de l’évêque étaient
« d’azur, à trois fleurs de lys d’or, 2 et 1, à la
cotice de gueules brochant sur le tout ». Le sceau secret de Jean
de Bourbon offre l’écu de Bourbon « sans signe de
bâtardise ».
A
son arrivée dans le diocèse, il trouva le Velay
ravagé par les fameux Routiers, soldats “au chômage” qui
dévastaient les campagnes de France épuisées par
la Guerre de Cent Ans, et contre lesquels avait guerroyé Du
Guesclin. Le 8 octobre 1466, il y eut une transaction passée
entre Jean de Bourbon et le chapitre de Monistrol, en règlement
des dîmes et quarts, dans le mandement de Monistrol.
L’évêque savait fort bien
défendre ses prérogatives et n’hésita pas à
faire jeter dans les basses fosses du château, pendant 15 mois,
deux clercs du Puy qui s’étaient appropriés en partie les
offrandes des fidèles.
Ayant un goût éclairé et aimant à
« faire édifices », comme le dit le chroniqueur
ponot Etienne Médicis, il bâtit à Yssingeaux le
donjon, et construisit en 1448 la grosse tour du château de
Monistrol, appelée “Tour Barbe” parce que servant entre autres
choses de réserve de poudre et munitions pour
la défense de la forteresse. Cette tour aux épaisses
murailles, au contour impressionnant, était plus
élevée que de nos jours. Il fit aussi recreuser les
fossés, reprendre les fortifications et embellir le parc du
château où il venait souvent. Jean de Bourbon mourut le 2
décembre 1485.
Le 16e siècle et les Guerres de religion
Les
successeurs de Jean de Bourbon, Geoffroy de Pompadour, Antoine de
Chabanes, François de Sarcus, Antoine de Sénecterre,
séjournèrent à plusieurs reprises à
Monistrol, et restaurèrent la demeure épiscopale. Au
deuxième étage de la tour Barbe se trouve une
cheminée monumentale aux armes et au chiffre de
Sénecterre, datée de 1578.
Pendant les Guerres de religion comme pendant la
lutte des Armagnacs et des Bourguignons, le château eut fort
à souffrir. Au cours d’une incursion des “religionnaires” en
notre ville (peut-être celle du 2 août 1562), la hauteur de
la tour Barbe aurait été ramenée à celle
d’aujourd’hui. Ce jour-là, « un homme se disant le
capitaine Lespine, autrement Le Mas, comme principal ayant charge du
baron des Adretz, avec grande suite d’armée de gens tant
à cheval que à pied » entre dans notre ville, s’y
installe durant trois jours, pillant l’église, brûlant les
archives du chapitre et de la maison consulaire, emportant les vases
sacrés et le reliquaire de saint Marcellin.
En 1597, par lettres patentes
confirmées par le Parlement de Paris (ci-dessous, Archives
Départementales), le roi Henri IV, pacifiant son royaume,
enjoint au sieur de Champetière de Paulin de restituer à
l’évêque du Puy la ville et château-fort de
Monistrol, dont il s’était emparé au moment des guerres
de religion.
Armand de B éthune
On
peut
dire sans exagérer que le “ Siècle de Louis XIV ” fut
aussi pour Monistrol le Grand Siècle, grâce à
l’arrivée sur le siège épiscopal d’un
évêque d’envergure : Armand de Béthune.
Né en 1635, il était le petit-neveu du
célèbre ministre d’Henri IV, Sully (« Labourages et
pâturages... »). A 26 ans, il fut nommé
évêque du Puy, succédant à Monseigneur Henri
de Maupas. Mais ce n’est que quatre ans plus tard qu’il fut
officiellement consacré par une bulle du pape Alexandre VII en
date du 10 mai 1665. Le 25 août de cette année, il fit au
Puy son entrée triomphale, et, selon les chroniqueurs locaux,
« charma les cœurs par son air honnête qui ne rabaissait
point sa haute mine». Durant 38 années, il consacra
« toute son application au bien de son diocèse,
régulier dans ses visites, infatigable dans le travail, exact
dans ses fonctions ».
Son goût pour les arts lui faisait
apprécier la musique autant que la peinture ou la sculpture,
comme en témoigne l’inventaire de ses biens, à son
décès, qui cite un nombre impressionnant de tableaux (950
!), de gravures, de dessins et d’estampes (140). Mais c’est surtout
Monistrol et son château qu’il fit bénéficier de
son goût si prononcé pour les arts. Du grand château
féodal « flanqué de plusieurs tours, sans cours ny
issues », il fit une fort belle résidence pour les
évêques du Puy qui n’avaient plus de séjour depuis
la ruine d’Espaly par les hérétiques. Il fit bâtir
une nouvelle galerie, pour remplacer l’ancienne, fit faire deux beaux
escaliers de pierre de taille, plusieurs appartements.
Les travaux de restauration furent justifiés
en ces termes par l’évêque : «
Comme la terre de Monistrol est la plus
considérable de la mense épiscopale, soit par son avenir,
soit par la beauté de sa situation et son bon air, soit par
l’utilité de ses marchés, pour la débite de ses
denrées, soit par la grandeur des bâtiments que les
évêques de Bourbon y avaient commencés et que les
guerres avaient presque tous minés, nous résolûmes
de nous y appliquer uniquement à la rétablir et à
la rendre un séjour agréable pour la demeure des
évêques, et d’accompagner la beauté naturelle du
lieu de tout ce que l’industrie nous pourrait inspirer pour la rendre
complète ».
Résultat : huit ans de travaux, 100.000
livres de dépenses, un château vraiment digne de ce nom,
avec un parc et des allées majestueuses, une orangerie et… une
ménagerie ! A côté du château,
l’évêque fit aussi construire en 1672 un ermitage pour son
conseiller intime, le frère Jean Coppin, des ermites de
Saint-Jean-Baptiste, qui l’aida dans les aménagements de son
domaine de Monistrol. C’est là que le frère
Théodore écrivit son Histoire de l’Eglise
angélique de Notre-Dame du Puy, parue en 1693.
Armand de Béthune fit venir de Montpellier un
maître-sculpteur talentueux, Pierre Vaneau
(1653-1694). On lui doit de nombreux chefs d’œuvre, entre autres le
superbe retable en bois doré qui se trouve dans la chapelle du
couvent des Ursulines. Vaneau fit école : Mathieu Bonfils, son
beau-frère, fut son élève le plus doué.
Armand de Béthune mourut le 10
décembre 1703. Son acte d’inhumation précise que «
ses entrailles ont été enterrées le douziesme du
moi dans le sanctuaire de l’église parroissiale dudit Monistrol
du côté de l’Evangile, près le balustre dudit
sanctuaire et (que) le reste de son corps a été
transporté au Puy pour estre inhumé selon sa
dernière volonté dans l’église des religieuses de
Notre-Dame du Refuge. Le dit Seigneur Evêque estoit agé
d’environ soixante neuf ans, et il est mort dans la trente neuviesme
année de son épiscopat ».
Les derniers fastes
Au XVIIIe
siècle, les successeurs d’Armand de Béthune
continuèrent de s’intéresser à leur Castelgandolfo
monistrolien. Claude de la Roche-Aymon (1704-1720) demanda dans son
testament, qu’à sa mort soient vendus “à l’encan” tous
les meubles de sa résidence monistrolienne, au
bénéfice des hôpitaux d’Yssingeaux et de Monistrol.
Il avait en 1706 installé ce dernier dans une ancienne grange
située au Prévescal (actuellement l’école primaire
publique) : L’hôpital restera à cet endroit jusqu’en 1909,
date à laquelle il sera transféré au
château. Godefroy II de Conflans ne siège que cinq
années. Il meurt le 14 mars 1725 au château, qui fut
ravagé par un incendie l’année précédente.
François-Charles de Béringhen entreprend des
réparations qui s’élèvent à 649 livres,
comme l’atteste le mémoire qu’on en a conservé. En 1735,
il fait construire le “pavillon” situé à l’angle de
l’aile nord-ouest et de la façade sud-ouest. Jean-Georges Le
Franc de Pompignan (1742-1774) préférera abandonner le
siège du Puy pour l’archevêché de Vienne, avant de
finir sa carrière comme Président de l’Assemblée
Nationale Constituante. Comme son frère le poète
Jean-Jacques Le Franc de Pompignan, il fut un adversaire virulent des
Philosophes des Lumières.
Enfin, alors que monte sur le trône le jeune
roi Louis XVI, est nommé au Puy Marie-Joseph de
Galard de Terraube. Il sera le dernier évêque du
Château. Amateur d’art éclairé, il continua l’œuvre
d’embellissement de ses prédécesseurs : un artiste
monistrolien réputé, Pierre Miramand, exécuta pour
lui la superbe rampe en fer forgé qui orne toujours l'escalier
d'honneur du château. Mgr de Galard fit également
transporter du Puy à Monistrol un nombre important de vestiges
architecturaux pour orner son “enclos” d’un musée lapidaire,
dont on cherche encore en vain les restes. Enfin, on tenait “salon”
chez l’évêque, comme dans beaucoup de petites villes de
province à la veille de la Révolution : le baron de
Vitrolles, homme politique français qui sera ministre sous Louis
XVIII, relate dans ses Mémoires les
soirées cultivées qu’il passa à Monistrol durant
l’automne 1788. Sans doute y commentait-on l’Encyclopédie de MM.
Diderot et D’Alembert…
La
Révolution et le 19e siècle
Le 1er janvier 1791, Mgr de Galard, qui s’est
retiré à Monistrol chassé du Puy par son
remplaçant, l’évêque constitutionnel Delcher, perd
officiellement la jouissance du château de Monistrol, devenu bien
national. Le 14 mai, le prélat est mis en demeure par la
municipalité d’avoir à quitter Monistrol dans les plus
brefs délais, « car malgré le bien qu’il a fait
dans le pays, il est indésirable à Monistrol où il
risque d’occasionner des malheurs » : le bruit court qu’il veut
fortifier le château et “foudroyer” la ville. Des “patriotes”
veulent investir et brûler le château. Le 19 mai, Mgr de
Galard part pour l’exil, en Suisse, dans le monastère de
Saint-Maurice-de-Valais, puis en Allemagne, à Ratisbonne
où il mourra en 1804. Après le départ du
“ci-devant” évêque, une perquisition a lieu au
château par le procureur de la commune accompagné de
gardes nationaux. On pense trouver des armes et munitions
entreposées par des ennemis de la Nation, mais, « de la
cave au galetas, et jusqu’aux latrines », la recherche est vaine.
Les patriotes découvrent tout de même et brûlent des
brochures « inconstitutionnelles, incendiaires et plus
meurtrières que des armes à feu ».
Le 10 juillet 1791, vente du château et de ses
dépendances à Joseph-Balthazard Bonnet de Chabanoles, de
Grazac, pour 39.000 francs. Le 12, huit arbres sont coupés dans
l’enclos, et 44 carreaux brisés dans les appartements. En 1793,
le château est mis à la disposition du district (=
arrondissement), Bonnet étant accusé de conspiration : en
avril, le mobilier, le jardin et une vigne du château, sont
vendus pour la somme de 27.120 livres. En mai, la municipalité
demande au représentant en mission Guyardin, l’autorisation
d’installer au ci-devant château le directoire, la
municipalité, le tribunal de paix, le comité de
surveillance, la gendarmerie et les prisons. C’est de ces prisons que
le 1er brumaire an II (23 octobre 1795) deux prisonniers
s’évadent « en empruntant la cheminée qui
communique avec les appartements situés sous la Tour ».
Les prisonniers restants sont alors enfermés dans le “Bas
cachot”, jusqu’à leur départ pour le tribunal
d’Yssingeaux. Le 9 thermidor an II (chute de Robespierre et fin de la
Terreur), le citoyen Bonnet peut récupérer son
château, dont le mobilier a été pillé ou
vendu, et le parc saccagé : statues mutilées, marbres et
sculptures détruits. Il s’occupe de le remettre en état.
Les prêtres recommencent à dire la messe dans
l’église du château.
Le
28 août 1811, « de par l’Empereur et
Roi (sic) » a lieu la prise de possession du
château et de ses dépendances par la municipalité.
Le sieur Bonnet déclare vendre à perpétuité
tous les bâtiments, terres et fonds de toute nature acquis du
cy-devant district de Monistrol le 10 juillet 1791, contre la somme de
200.000 francs. La mairie escompte établir dans les
bâtiments un dépôt de mendicité - entendons
un hôpîtal -, mais les évènements (chute de
l’Empire en 1814) ne permettent pas la mise à exécution
du projet.
Une expertise jointe à l’acte de 1811 nous
laisse une description détaillée de l’intérieur du
château à cette époque :
« Composé de 5 corps de bâtiments
réunis, flanqués d’une grande et forte tour et d’une
moyenne, il comprend un rez-de-chaussée et deux étages.
Le perron d’entrée épouse la forme d’un fer à
cheval en pierres de taille, mais il est dégradé. Le
rez-de-chaussée, avec un bel escalier muni d’une rampe en fer
forgé, présente une salle à manger
d’été, de petites salles pour l’hiver, deux salons, une
chapelle totalement dégradée, la cuisine dans la grande
tour, et des communs à côté du vestibule. Ces
pièces forment quatre corps de bâtiments au milieu
desquels existe une cour et une citerne en mauvais état. Le
cinquième corps est inachevé, le toit en est
dégradé. La tour moyenne sert d’office ; à
côté, un petit pavillon pour latrines. Au premier
étage, quatre appartements à droite séparés
des cinq autres par un corridor, tous en bon état. Un grand
appartement carré dans la grosse tour ; une chambre en
alcôve dans la moyenne. Le cinquième corps de
bâtiments comme celui du rez-de-chaussée, reste
inachevé. Le deuxième étage comprend deux galetas
et cinq chambres pour domestiques, séparées par un
corridor et un poste d’observation dans la grande tour. Les planchers,
en général, sont en bon état, ainsi que les
plafonds. Les écuries et hangars, faits de mortier de
terre, sont en mauvais état, ainsi que la plupart des murs de
clôture ».
En 1821, les Ursulines, chassées par la
Révolution, et repliées à Saint-Chamond,
reviennent à Monistrol. Le collège installé
dès 1804 dans leur couvent par le curé Labruyère,
est alors transféré au château. Les
élèves comblent avec des pierres le bassin de
l’évêque. Trois ans plus tard, en 1824, le collège
déménage de nouveau : il quitte le château pour
s’installer dans l’ancien couvent des Capucins (aujourd’hui LPP Ecole
technique). Le château est alors acquis par M. Jean-Bernard de
Monteyrimard (adjudication du 22 décembre). Pour peu de temps…
En 1833, le château est en vente à Saint-Etienne en
l’étude de Maître Gurbié, notaire. La commune
désire l’acquérir pour la somme de 22.000 francs, tous
frais compris. Une souscription pour procurer les fonds
nécessaires a déjà produit 15.000 francs. La
différence sera obtenue par la vente de certains fonds
attachés au château. Mais l’affaire ne se conclut pas. En
1834 enfin, M. Verdaulon, négociant à Lyon, gendre de M.
de Monteyrimard, vend le château en deux parties, qui seront
désormais distinctes :
-
1° le 4 août, la partie gauche
appelée “la fabrique” ou “la chapelle” et le
rez-de-chaussée ou cuisine de la grosse tour à
l’abbé Bonnet, curé de Monistrol de 1823 à 1867.
Il faudra six années de réparations pour remettre en
état cette aile du bâtiment ; mais dès 1838, en
accord avec la municipalité, le curé Bonnet adresse au
Provincial de Lyon une demande de Frères des Ecoles
Chrétiennes pour diriger l’école communale. Outre la
partie du château qui lui appartient, le curé Bonnet offre
une somme annuelle de 800 francs, et la municipalité 1.000
francs pour trois frères et deux classes. Le 3 juin, les
Frères, instituteurs communaux, s’installent au château,
et les deux instituteurs en place cessent de faire l’école
- 2° le 13 décembre, la partie droite
(façades avant et arrière, aile sud-ouest) à M.
Charles-Régis Pagès, ancien juge de paix du canton de
Saugues, installé à Monistrol. Par acte du 10
février 1842, il vend sa part à M. Camille de Brye, sauf
toutefois le 1er étage de la grande tour dont la commune de
Monistrol est propriétaire. Le 31 janvier 1860, le nouveau
propriétaire autorise le maire de Monistrol à «
abattre les arbres de la grande allée, jusqu’à l’escalier
» et les vendre afin de procurer l’argent nécessaire au
nivellement de l’allée du château.
M. Camille de Brye meurt le 15 février 1876.
Trois mois après, le 29 mai, M. Zénon-Marcellin Fayolle
de Mans, fils de Benoît, maire de Beauzac, se rend
acquéreur de la partie “privée” du château, au prix
de 28.000 francs. Sa fille, Alice de Mans, épouse le colonel
Henry Blanc (devenu ainsi Blanc de Mans), et ils habitent au
château. Au mois d’août 1909, un incendie ravage une partie
du bâtiment, la foudre tombant sur un arbre à
côté du pavillon : Le château venait juste
d’être vendu à la commune par le colonel ! Après
trois années de réparations et un échange
intervenu entre la commune et l’administration de l’hôpital -
l’ancien hospice du Prévescal deviendra mairie et école
publique - l’hospice s’installe au château. Il y restera jusqu’en
1989…
Aujourd’hui
et demain....
Le Château des Evêques est encore
aujourd'hui partagé, entre une école privée mixte
et un bâtiment municipal : ce dernier sert de centre culturel,
avec une Association
des Amis du Château, qui organise de nombreuses
manifestations ayant pour but de mettre en valeur l’édifice et
de le restaurer…
Texte de Christian LAURANSON-ROSAZ
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